Sur
la route, de Walter Salles (2012).
Il y a comme ça des œuvres qui,
indépendamment de leurs qualités intrinsèques et souvent en accord avec un
temps et un lieu, échappent à leur auteur pour entrer dans la légende et se
hisser à la hauteur d’un mythe. Sur la
route, le roman de Jack Kerouac écrit au début des années 50 et publié en
1957, en fait partie, illustration tardive du « Go West, young
man ! » des pionniers mais revue et corrigée par le monde des
« hobos » et autres « wild boys of the road »[1]
de la crise économique des années 30, signe de ralliement de toute une
génération, la « Beat Generation » avec ses beatnicks et, plus tard,
le mouvement hippie, hymne à une liberté qui prétend faire fi des tabous et des
frontières pour mieux communier avec le cœur même de la terre américaine.