Indian Palace (The Best
Exotic Marigold Hotel), de John Madden (2011).
Les « vieux », pudiquement rebaptisés
« seniors », font recette, c’est entendu. Ne les présente-t-on pas
toujours comme d’heureux oisifs débordés (il n’y a d’oxymore qu’en apparence) à
fort pouvoir d’achat ? Indian Palace,
qui adapte un roman de Deborah Moggach[1],
prend le contrepied de ce cliché en s’intéressant à une demi-douzaine de
citoyens britanniques, certains désargentés, qui décident de prendre leur
retraite en Inde, dans un hôtel présenté sur internet comme un palace réservé
au troisième âge. Quatre le font pour des raisons financières (ils n’ont pas
même de quoi s’acheter un billet de retour), le cinquième pour retrouver un
grand amour de jeunesse et la dernière, odieusement raciste (géniale Maggie
Smith), pour se faire opérer de la hanche plus rapidement et à meilleur prix
qu’en Angleterre (sic). On imagine facilement la suite : l’hôtel,
affreusement décrépi, ne correspond guère à leur attente mais, de la découverte
d’abord réticente puis enthousiaste d’une culture différente à l’émergence
d’amours tardives, tout finira bien
-- ou, comme le dit assez
drôlement un des personnages : « Si tout n’est pas bien c’est que ça
n’est pas encore fini ! »