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10 avril 2013

Des vertus de l'humilité.


Effets secondaires (Side Effects), de Steven Soderbergh (2013).

            Steven Soderbergh, qui tourne beaucoup et à un rythme soutenu, n’est finalement jamais meilleur que lorsqu’il se consacre à de « petits » sujets (mais qui peuvent être de « grosses » productions : voir ainsi Ocean’s Eleven, 2001)  --  je veux dire par là des sujets relevant de ce cinéma de genre qui a fondé le grand cinéma américain classique plutôt , par exemple, que de la fresque historique à la façon de son interminable et catastrophique biographie de Guevara (Che, 2008). Ainsi, assez proche du récent Haywire (Piégée, 2011), Side Effects convainc bien davantage que le non  moins récent Contagion (2011 également), nettement plus ambitieux dans ses intentions mais d’une maladresse d’exécution qui ne pardonne pas  --  et alors même que l’un et l’autre sortent de la plume du même scénariste, Scott Z. Burns.

27 août 2012

Un monde d'illusions où triomphe l'argent.


Magic Mike, de Steven Soderbergh (2012).

            Il y a décidément un « cas » Soderbergh. Cinéaste éminemment moderne (sans guillemets) et même expérimental parfois (voir ainsi Schizopolis, 1996, ou Bubble, 2006) au risque de dérapages pas toujours bien contrôlés, il semble vouloir empiler les films comme le faisaient autrefois les plus grands cinéastes américains sous contrat avec les studios, variant thèmes et genres mais parvenant contre vents et marées à faire œuvre personnelle et cohérente, quand bien même cette cohérence disparaissait parfois sous le masque de l’hétérogénéité d’une production aussi abondante qu’irrégulière. Aussi est-il difficile de trouver aujourd’hui un fil conducteur (mais en existent sans doute plusieurs) dans la filmographie foisonnante d’un cinéaste qui paraît, bien plus qu’à ses débuts, possédé par une boulimie de travail qui l’amène à sortir trois films en à peine plus d’un an : le très médiocre Contagion, le récent et bien plus réussi Piégée (Haywire) et aujourd’hui Magic Mike, que je situerais volontiers à mi-chemin des deux autres mais plutôt côté réussite qu’échec. Assurément, à l’instar d’un Woody Allen mais en beaucoup plus intéressant, il lui faut comprendre que quantité ne rime pas forcément avec qualité et qu’on ne progresse pas forcément en pratiquant son art à outrance  --  quitte à le vider de sa substance.

17 juillet 2012

"La mort aux trousses".


Piégée (Haywire), de Steven Soderbergh (2011).

            Un peu à l’instar de ses confrères britanniques Stephen Frears et Michael Winterbottom, mais à la puissance quatre ou cinq, l’Américain Steven Soderbergh apparaît depuis des années maintenant comme une sorte de touche-à-tout plutôt doué et, à coup sûr, hyperactif (son film suivant, Magic Mike !, sort dès le mois prochain), capable de passer pour ainsi dire sans transition d’une série noire traditionnelle à un film à la limite de l’expérimentation tout en gagnant la confiance d’acteurs parmi les plus réputés, ce qui lui permet d’aligner des castings impressionnants  --  et c’est encore une fois le cas avec ce film d’aventures certes sans surprise mais que sauve grandement un brio tout à fait exceptionnel.