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20 juin 2012

La douloureuse plainte d'un guépard blessé.


Réédition de Violence et passion (Gruppo di famiglia in un interno/Conversation Piece), de Luchino Visconti (1974).

            Quelques semaines seulement après Sandra , on nous propose une réédition de l’avant-dernier film de Luchino Visconti, Violence et passion  --  titre français médiocre qui ne correspond ni aux intentions du cinéaste ni au contenu du film. Lorsqu’il en commence le tournage, en avril 1974, Visconti se remet tout juste d’un accident vasculaire cérébral qui l’a  frappé un peu moins de deux ans auparavant, après Ludwig, le film-fleuve qu’il a consacré à Louis II de Bavière et qui l’a laissé épuisé. Paralysé du côté gauche, il est cependant parvenu à retrouver une partie de son autonomie, et c’est la plupart du temps sur ses deux jambes, au risque d’une chute toujours possible, qu’il parviendra à diriger le film. Violence et passion, autant par goût que par nécessité, marque son retour à une veine plus intime mais non moins riche après les vastes fresques qu’ont été Les Damnés (La Caduta degli dei, 1969) ou Ludwig.

8 mai 2012

Disparition d'un monde ancien.


Sandra (Vague stelle dell’Orsa), de Luchino Visconti (1965).

            Ces jours-ci, le Champo, haut lieu de la cinéphilie parisienne, fait salles combles avec la sortie des Jours comptés, d’Elio Petri, dont j’ai déjà parlé ici, et la reprise de Sandra, de Luchino Visconti. C’est tant mieux pour le cinéma en général, pour le cinéma italien en particulier, depuis bien trop longtemps dans un état semi-comateux, et pour Petri et Visconti, deux cinéastes importants à des titres divers, même si l’œuvre du second me paraît infiniment mieux vieillir que celle du premier  --  et, pour Sandra, en dépit d’une copie assez moyenne, bien que neuve[1].