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7 septembre 2013

Une éblouissante réhabilitation.



Réédition de Ryan’s Daughter (La Fille de Ryan), de David Lean (1970).

Le cinéma britannique n’a jamais eu très bonne presse de ce côté-ci de la Manche, en dépit des efforts méritoires d’une poignée de passionnés  --  Raymond Lefèvre et Roland Lacourbe publiant en 1976 leur « Trente ans de cinéma britannique », Bertrand Tavernier défendant avec la fougue qu’on lui connaît l’œuvre de Michael Powell[1] ou le cinéma des Ealing Studios. La faute à Truffaut peut-être, jamais à court de propos aussi fielleux que définitifs, qui n’hésitait pas à écrire dans les années 50 : « Dire que le cinéma anglais est mort serait excessif puisque aussi bien il n’a pratiquement jamais existé. Le film anglais actuel est incolore, inodore et sans saveur particulière… »[2]. Mais, soyons juste, il n’y avait pas que lui pour mépriser alors le cinéma britannique, et aujourd’hui encore une large partie de la critique ne juge sa production (trop souvent envisagée comme une annexe du cinéma américain[3]) qu’avec une condescendance légèrement arrogante qu’il ne mérite assurément pas. Rares sont donc, dans ce contexte, les rééditions  --  sinon quelques œuvres du free cinema et de sa mouvance (mieux accueillies peut-être du fait de leur proximité avec la Nouvelle Vague française) comme les premiers films de John Schlesinger ou, récemment, la trilogie de Bill Douglas. Mais pour le reste, c’est le désert ou presque, alors même que l’on a affaire à un véritable continent cinématographique d’une très grande richesse. Aussi, ces dernières années, les reprises peuvent-elles se compter sur les doigts d’une seule main : le délicieux Million Pound Note (L’Homme au million, Ronald Neame, 1954) il y a presque deux ans, The Victim (La Victime, Basil Dearden, 1961) il y a plus longtemps encore, et aujourd’hui Ryan’s Daughter de David Lean, je ne dois pas en oublier beaucoup.