La Filmothèque de la rue Champollion propose ces jours-ci une courte rétrospective consacrée à Alfred Hitchcock forte d’une douzaine de films, la plupart assez connus (périodes anglaise et américaine confondues) mais dont un au moins, La Loi du silence (I Confess) est assez peu souvent projeté. C’est un film qu’Hitchcock tourna pour la Warner en 1952, juste après L’Inconnu du Nord-Express (Strangers on a Train, 1951) et qu’il ne considère pas comme une grande réussite.
Sans doute ne s’agit-il pas en effet d’une de ses œuvres majeures, mais ce film, dont le projet remontait en fait à 1947 et qui connut bien des vicissitudes [1], nous intéresse aujourd’hui pour au moins deux raisons. La première tient à l’importance qui lui fut accordée par les jeunes critiques des Cahiers du Cinéma, qui établirent à cette époque (et non sans raisons d’ailleurs) le dogme de l’infaillibilité hitchcockienne; la seconde à ce qu’il illustre de façon particulièrement éclairante ce que peut être le suspense selon Hitchcock et les ressorts qu’il met en jeu.