Réédition de High Noon (Le train sifflera trois fois), de Fred Zinnemann (1952).
Il fut un temps lointain où certains
cinéphiles français vouaient High Noon
aux gémonies, estimant le film lourdement démonstratif et mis en scène de façon
empesée, condamnant au passage toute l’œuvre de Fred Zinnemann[1] --
quand d’autres au contraire, réputés n’apprécier guère le western, y
voyaient l’entrée du genre dans l’âge adulte, abordant un « vrai grand
sujet » loin des sempiternels archétypes du genre. Les uns et les autres
exagéraient alors, en ces temps de terrorisme critique, promulguant facilement
des oukases destinées à massacrer certains cinéastes pour en mieux défendre
d’autres[2].
Les assauts de mauvaise foi ayant depuis lors fait long feu (encore que…),
c’est avec la plus grande sérénité et le recul nécessaire (soixante ans tout de
même) que l’on peut revoir et juger aujourd’hui High Noon dans une splendide copie numérique.