Margin Call, de J.C. Chandor (2011).
Etonnant itinéraire que celui de ce fils de pub qui démarre
aujourd’hui sa carrière sur les chapeaux de roue avec un premier film aussi
retentissant au niveau du sujet que mesuré en termes de mise en scène et qui stigmatise avec véhémence les mœurs des
milieux de la finance en revenant sur les prémisses de la crise économique de
2008. Ce faisant, J.C. Chandor donne à voir tout à la fois la face sombre et la
face claire du système américain : face sombre que cet univers impitoyable
où tous les coups sont permis et où l’on vous licencie avec brutalité, et c’est
alors toute une existence qui bascule en un instant dans le cauchemar ;
mais face claire aussi, qui permet à un film pas précisément marginal de
dénoncer ledit système avec virulence, en s’appuyant au surplus sur une belle
brochette d’acteurs haut de gamme comme témoins à charge.