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22 juin 2012

Toutes les forces de la vie et de la mort.


Faust, d’Alexandre Sokourov (2011).

            On n’aborde pas un film d’Alexandre Sokourov comme n’importe quelle autre production  --  fût-elle aussi ambitieuse et pleinement réussie. On entre là dans un domaine bien particulier, où les sens aussi bien que l’esprit sont violemment sollicités pour une sorte de voyage expérimental qui exige de ceux qui l’entreprennent une disponibilité totale. Lui qui fut l’élève d’Andréi Tarkovski à l’école de cinéma de Moscou, il sait bien que rien ne doit être donné mais que tout peut être mérité  --  d’où ce cinéma de la plus extrême exigence dont il paraît accoucher dans les plus grandes douleurs. Un cinéma assurément difficile, dont on  conçoit qu’il rebute et suscite même l’hostilité voire le rejet, et l’on peut comprendre sans peine que des spectateurs abandonnent ses films avant d’être arrivés à leur terme. Cette fois, bouclant la boucle de la tétralogie qu’il a consacrée au pouvoir et à ses dérives totalitaires, c’est au mythe de Faust qu’il s’attaque comme on s’attaque à une immense montagne.