Des
Hommes sans loi (Lawless),
de John Hillcoat (2012).
Si de nombreux films ont été
consacrés aux bootleggers, ceux qui
faisaient le commerce de l’alcool illégal à l’époque de la prohibition, il y en
a eu beaucoup moins en revanche pour s’intéresser aux bouilleurs de cru qui le
fabriquaient -- ceux que l’on appelait les moonshiners parce qu’ils profitaient de
la nuit et du clair de lune pour exercer leurs coupables activités. Il n’y en a
pas eu beaucoup non plus pour s’attacher à ces « pauvres blancs » des
Appalaches, côté deep south, portant
salopettes et feutres déformés, connus sous le nom de hillbillies -- petites gens des collines, ombrageux et
souvent ignorants, vivant en famille autour d’un alambic clandestin. Aussi,
adaptant un roman de Matt Bondurant[1],
John Hillcoat (cinéaste australien « récupéré » par Hollywood) et son
scénariste et musicien Nick Cave abordent-ils ici des terres relativement
vierges ou, à tout le moins, fort peu fréquentées --
même sur le plan littéraire[2].