My Week with Marilyn, de Simon Curtis.
Marilyn Monroe, mythe, légende, icône: il n’y a guère d’autre exemple d’une star ayant été élevée si haut et si longtemps au firmament du cinéma américain. A quoi tient cette bonne fortune posthume, rançon cynique d’une existence personnelle tragique ? Sans doute à la nature même de cette existence, aussi brillante que météoritique, à cette beauté charismatique que tempère une vie sentimentale largement insatisfaisante, à cette destinée fracassée contre le rêve américain métamorphosé en cauchemar climatisé, à l’envers sombre d’apparences illusoires où se télescopent addictions violentes, psyché en morceaux et relations troubles -- avec les Kennedy notamment, eux-mêmes tout aussi mythiques et équivoques. Bref, cinquante ans tout juste après sa mort (le 5 août 1962 à 36 ans), et en dépit d’une carrière finalement rien moins qu’exceptionnelle, Marilyn Monroe demeure plus que jamais un mythe, une légende, une icône, peu importe le terme, à coup sûr l’actrice américaine la plus célèbre du monde sinon la meilleure, celle qui nourrit encore l’imaginaire collectif occidental comme en témoignent les livres (essais, biographies ou romans), les films ou les hommages qui lui sont régulièrement consacrés.
Ainsi nous propose-t-on aujourd’hui avec My Week with Marilyn une sorte de biopic pas très convaincant mais non dénué d’un certain charme qui tient à cette élégance un peu contrainte mais confortable, façon «house and garden», dont un certain cinéma britannique détient encore le secret. Le scénario relate le tournage en Angleterre du film de Laurence Olivier Le Prince et la danseuse (The Prince and the Showgirl, 1957) raconté par le troisième assistant-réalisateur, Colin Clarke (Eddie Redmayne), qui découvre à la fois le monde du cinéma et vit une rapide et platonique éducation sentimentale avec une Marilyn Monroe dont le comportement erratique menace en permanence le tournage du film.